Bibliothèque Gustave Rouland ; Fonds André Giroux ; Bibliothèque orientale Georges Louis ; et à divers

vendredi 20 avril 2018 11:00
Salle 2 - Drouot-Richelieu, 9, rue Drouot 75009 Paris
Informations sur la vente
VENDREDI 20 AVRIL 2018 À 11H ET 14H

 BIBLIOTHÈQUE GUSTAVE ROULAND, MINISTRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES CULTES SOUS NAPOLEON III
 SOUVENIRS PHOTOGRAPHIQUES D’ANDRÉ GIROUX
 BIBLIOTHÈQUE ORIENTALE GEORGES LOUIS : AFRIQUE DU NORD, MOYEN-ORIENT, ARCHÉOLOGIE
 ET À DIVERS


À 11H : lots 1 à 81

Lots 1 à 27 ILLUSTRÉS MODERNES
Lots 28 à 56 PHOTOGRAPHIES ANCIENNES
Lots 57 à 81 LETTRES AUTOGRAPHES

À 14h : lots 82 à 503

Lots 82 à 89 CHASSE
Lots 90 à 130 bis LITTÉRATURE
Lots 131 à 229 HISTOIRE, RELIGION, PHILOSOPHIE, ARTS, NUMISMATIQUE
Lots 230 à 264 SCIENCES ET TECHNIQUES
Lots 265 à 288 RÉGIONALISME
Lots 289 à 382 VOYAGES ET MARINE
Lots 383 à 503 AFRIQUE DU NORD, ÉGYPTE, PROCHE-ORIENT

Exposition Publique : Jeudi 19 avril 2018 de 11h à 21h 
Téléphone pendant l'exposition et la vente : +33(0)1 48 00 20 02

Les bibliothèques et fonds présentés
Deux familles, une union, celle de Louise Giroux, fille d’André Giroux, et de Gustave Hippolyte Rouland, fils de Gustave Rouland, représentent un aspect non négligable de la littérature française sous Napoléon III et des débuts de la photographie.
Leur descendance a conservé au fil des années cet ensemble que nous présentons dans ce catalogue.
André Giroux (1801-1877), peintre, détenteur du prix de Rome pour la section du Paysage historique, s’intéresse à la photographie.
André Giroux et son épouse sont photographiés autant par Louis-Auguste Bisson (lot 38), que par Alcide Lafon de Camarsac (lot 39), tandis que Gustave Rouland est portraituré par Gustave Le Gray dans son habit de ministre de l’Instruction publique et des cultes (lot 32).
Côté livres et autographes, nous trouverons entre autres l’édition originale des Paradis artificiels de Baudelaire dédicacé au ministre (lot 95), la demande de démission du ministre par l’Empereur (lot 62), ou une lettre de Gustave Flaubert concernant le procès consécutif à la publication du roman Madame Bovary (lot 79).
Après les voyages, les livres anciens ; le Moyen Orient et l’Afrique du Nord, l’Algérie plus spécifiquement clôt notre vente avec la bibliothèque orientale d’un natif de Cherchell, Georges Louis. Cette bibliothèque offre un regard archéologique, historique, ethnologique et artistique, qui nous dépeint l’engouement de l’Orient par la France aux XVIIIe et XIXe siècles. L’Arabie Pétrée du Comte de Laborde (lot 442) et l’Algérie pittoresque de Berbrugger (lot 400), tout comme l’album de voyage de Fournier d’Espagnac (lot 421) illustrent notre propos.

 André Giroux (1801-1877)
Fonds issu de l’union de Louise Giroux, fille d’André Giroux, et Gustave Hippolyte Rouland, puis par descendance.
La famille Giroux tient une place particulière, et ce à plus d’un titre, au cours des premières années d’existence de la photographie à Paris. Alphonse Giroux, un temps peintre et élève de Jacques-Louis David, devient papetier, marchand d’objets d’art et de mobilier pour la bourgeoisie d’Empire en ouvrant une boutique rue du Coq-Saint-Honoré. N’étant pas à proprement spécialisé dans les appareils d’optique, il réalise en 1839 un coup d’éclat commercial en signant un contrat d’exclusivité (incluant également la Maison Susse) pour la production et la vente de chambres photographiques de daguerréotypes. Par ailleurs, plusieurs fois évoqué sans être clairement établi, un lien familial semble exister entre Georgina Daguerre, née Arrowsmith et la famille Giroux (G. Potonniée, 1925. François Brunet, 2015). Ses deux fils, Gustave et André reprennent l’activité familiale dès 1838, le premier comme gérant, le second comme directeur artistique de la maison.
À cette date, André Giroux, fils ainé de la famille, a déjà une longue carrière de peintre derrière lui. Élève de l’École des Beaux-Arts, il remporte en 1825 le prix de Rome pour la section récemment créée du Paysage historique. Alors au centre d’une émulation nouvelle pour le jeune médium, il s’engage au début des années 1850 dans une courte et brillante période de production de photographies. Il livre ainsi quelques-unes des études de paysages les plus abouties du moment, notamment en retouchant et redessinant les ciels. Ces épreuves, exposées à de nombreuses reprises en France et en Angleterre suscitent le commentaire enthousiaste du critique Ernest Lacan au lendemain de l’Exposition Universelle de 1855 : « M. Giroux est un peintre de talent. Si on l’ignorait, il serait facile de le deviner à l’examen de ses paysages photographiques (…). Il y a dans le cadre de M. Giroux des paysages qui rappellent les toiles de Jules Dupré et de Théodore Rousseau » (La Lumière, 6 octobre 1855).
Si les sources manquent pour préciser les liens qui unissaient les différents acteurs de ces premiers temps de la photographie, il est certain que les épreuves circulaient entre les photographes, ce dont témoigne de manière singulière cette archive familiale. Le portrait de Jules Ziegler arborant une épreuve représentant Napoléon III, réalisée par Gustave Le Gray, donne certainement une clef de lecture dans un paysage politique particulièrement instable en ce milieu de siècle.

 Bibliothèque Gustave Rouland (1806-1878), Ministre des Cultes et de l’Instruction publique sous Napoléon III.
Cette collection dévoile, chez cet homme politique d’envergure, si ce n’est un attachement, du moins une attention particulière portée au monde littéraire, y compris celui de la bohème parisienne de son temps. Il est vrai que de nombreux hommes de lettres et universitaires dépendaient des subsides que le ministère de l’Instruction publique voulait bien leur accorder. Baudelaire lui-même fut gratifié en 1859 d’une indemnité pour ses traductions d’Edgar Poe. Et nous voyons paraître ici, au travers des lettres autographes reçues par le ministre, et des livres dont les auteurs lui ont fait l’hommage, quelques-uns des romanciers et poètes les plus remarquables de l’époque : Charles Baudelaire (n° 95), Gustave Flaubert (n° 79), Eugène Fromentin (n° 80 et 103), Théodore de Banville (n° 92), les Goncourt (n° 104), Leconte de Lisle (n° 110)… Les historiens sont également représentés : Guiffrey, Cheruel, Kermoysan, l’éditeur Henri Plon, le bibliophile Yémeniz… Napoléon III lui-même lui dédicace son livre sur Jules César (n° 191).
Né à Yvetot, Gustave Rouland commença sa carrière d’avocat en terre normande, où il exerça jusqu’en 1843 ; il conservera un fervent attachement à cette région, comme en témoigne l’ensemble de livres d’intérêt local présentés ici (n° 265 et suivants). Il possédait le château de
Bertreville, entre Dieppe et Rouen.
Enfin, notons que Gustave Rouland a veillé à faire relier avec soin la majeure partie de sa bibliothèque ; certains volumes sont ornés des armes impériales, de ses propres initiales ou de son chiffre ; quelquesuns ont été confiés à Simier.

Georges Louis (1893-1966)
La bibliothèque orientale présentée fut constituée par Georges Louis, né en 1893 à Cherchell en Algérie où sa famille, originaire des hautes Vosges, s’installe sur ces terres, dès les premières années de la conquête de l’Algérie par la France.
Passionné d’archéologie et de numismatique, Georges Louis découvre à l’âge de 17 ans dans la propriété de son père, une extraordinaire et rarissime statue d’Apollon, identique à l’Apollon du Tibre, conservé à Rome.
Dans son journal, il fait part de sa passion : « j’ai pris goût pour l’antiquité à Cherchell (ma ville natale), où l’on marche littéralement sur des débris de marbre et où l’on vit sur des ruines romaines. On a entassé des marbres au musée, d’autres ont été dispersés à Alger, au Louvre, un peu partout.
[…] L’on en trouve à Cherchell dans presque toutes les cours des maisons, dans les murs, ses rues en sont pavées
. »
Titulaire d’un brevet d’arabe au lycée arabo-berbère, il travaille aussi au Maroc, en qualité interprète pour la langue arabe à la cour d’appel de Rabat.
Sa bibliothèque « est le résultat de la passion invétérée qui date de [son] enfance, comme l’archéologie. »
Si la majeure partie des ouvrages d’histoire, d’archéologie, et de civilisation sont relatifs au Maghreb et tout particulièrement à l’Algérie, les livres de voyages appartenant à cette collection couvrent plus largement l’espace méditerranéen jusqu’à l’Égypte, l’Arabie Pétrée, le Proche-Orient et
la Grèce.
Georges Louis conclut : « En somme, j’ai accompli dans ma vie trois excellentes choses. Primo : j’ai découvert l’Apollon. Secundo : j’ai défendu mon pays à la Marne et ailleurs. Tertio : j’ai mis en valeur une terre stérile. Je pourrais ajouter que j’ai essayé, que je me suis efforcé toute ma vie de me
cultiver moi-même
. »
Conditions de ventes
Conditions de vente

La vente se fera expressément au comptant.
Aucune réclamation ne sera recevable dès l’adjudication prononcée, les expositions successives ayant permis aux acquéreurs de constater l’état des objets présentés. L’adjudicataire sera le plus offrant et dernier enchérisseur, et aura pour obligation de remettre ses nom et adresse.
Il devra acquitter, en sus du montant de l’enchère, par lot les frais et taxes suivants : 26% TTC (soit 24,64 H.T (TVA 5,5%) pour les livres, 21,66% H.T. (TVA 20%) pour tout autre lot).
Paiement :
La vente est faite au comptant et conduite en euros.
Le paiement doit être effectué immédiatement après la vente.
L’adjudicataire pourra s’acquitter du paiement par les moyens suivants :
– en espèces : jusqu’à 1 000 euros frais et taxes compris pour les ressortissants français, jusqu’à 15 000 euros frais et taxes compris pour les ressortissants étrangers sur présentation de leurs papiers d’identité.
– par virement bancaire.
– par carte bancaire (sauf American Express), paiement à distance possible.
KÂ-MONDO n'accepte pas les chèques.
Défaut de paiement :
À défaut de paiement du montant de l’adjudication et des frais, une mise en demeure sera adressée à l’acquéreur par lettre recommandée avec avis de réception. À défaut de paiement de la somme due à l’expiration du délai d’un mois après cette mise en demeure, il sera perçu sur l’acquéreur et pour prise en charge des frais de recouvrement un honoraire complémentaire de 10 % du prix d’adjudication, avec un minimum de 250 euros.
L’application de cette clause ne fait pas obstacle à l’allocation de dommages et intérêts et aux dépens de la procédure qui serait nécessaire, et ne préjuge pas de l’éventuelle mise en oeuvre de la procédure de folle enchère régie par l’article L 321-14 du Code de Commerce.
Tous les frais engagés supplémentaires pour que l'opérateur de vente puisse obtenir le règlement après l'adjudication, au delà des frais légaux, seront à la charge de l'adjudicataire qui seront à régler en sus de son bordereau d'adjudication Dans le cadre de la procédure de folle enchère, la maison de ventes se réserve de réclamer à l’adjudicataire défaillant le paiement de la différence entre le prix d’adjudication initial et le prix d’adjudication sur folle enchère, s’il est inférieur, ainsi que les coûts générés par les nouvelles enchères.
La maison de ventes KÂ-MONDO se réserve la possibilité de procéder à toute compensation avec les sommes dues à l’adjudicataire défaillant. De même la maison de ventes KÂ-MONDO se réserve d’exclure de ses ventes futures tout adjudicataire qui n’aura pas respecté les présentes conditions de vente.
Dès l’adjudication prononcée les achats sont sous l’entière responsabilité de l’adjudicataire.
Les précisions concernant l’aspect extérieur, plis, mouillures et rousseurs diverses, les dimensions des lots et leur état ne sont données qu’à titre indicatif. En effet, les lots sont vendus en l’état où ils se trouvent au moment de l’adjudication.
Aucune réclamation concernant l’état des lots ne sera admise une fois l’adjudication prononcée.
Aucun lot ne sera remis aux acquéreurs avant l’acquittement de l’intégralité des sommes dues.
Les acquéreurs pourront obtenir tous renseignements concernant la livraison et l’expédition de leurs achats à la fin de la vente.
En cas de contestation au moment des adjudications, c’est-à-dire s’il est établi que deux ou plusieurs enchérisseurs ont simultanément porté une enchère équivalente, soit à haute voix, soit par signe, et réclament en même temps cet objet après le prononcé du mot « adjugé », le dit objet sera immédiatement remis en adjudication au prix proposé par les enchérisseurs et tout le public présent sera admis à enchérir à nouveau.
Les éventuelles modifications aux conditions de vente ou aux descriptions du catalogue seront annoncées verbalement pendant la vente et notées sur le procès verbal.
Les photos présentées au catalogue sont à titre indicatif et ne sont pas contractuelles.
1. LES OBJETS adjugés qui n’auront pas été retirés par leur acquéreur le lendemain de la vente avant 10 heures en salle à Drouot Richelieu seront entreposés au magasinage de l’hôtel Drouot.
Ouvert du lundi au vendredi : 9h à10h et 13h à 17h30.
Samedi : 8h à 10h
Magasinage : 6 bis, rue Rossini – 75009 Paris
Tél. : 33 (0)1 48 00 20 56.
Tous les frais de stockage dus aux conditions tarifaires en vigueur devront être réglés au magasinage de l’hôtel Drouot avant enlèvement des lots et sur présentation du bordereau acquitté.
2. Les achats de petit volume pourront être transportés à l’étude où ils seront gardés à titre gracieux durant quatre semaines. Passé ce délai des frais de dépôt seront supportés par les acquéreurs au tarif de 2 € HT par jour calendaire et par lot.